Vaincre le trac

Vous arrive-t-il d’avoir le trac ?

 

C‘est pour ma part, un sentiment que j’ai bien connu, enfant. Je me souviens d’ailleurs d’un jour de trac particulièrement intense.

Vous savez, lorsqu’on a l’impression de jouer notre vie, et que notre seule réussite dépend du contrôle que l’on peut avoir sur soi-même.

Pourtant, malgré nos compétences, malgré notre travail, ce que l’on redoutait tant fini par arriver … on perd tout ses moyens.

Cela vous est déjà arrivé aussi ?

 

Moi, j’avais dix ans (cela faisait déjà 3 ans que je passais des auditions publiques), mais là, ce jour précis, j’étais totalement tétanisée.

L‘auditorium était pas mal rempli. (Les gens n’ont-il rien d’autre à faire qu’aller assister aux examens public du conservatoire ?).

 

J‘ai la gorge nouée, les jambes tremblantes. Je traverse péniblement la salle pour arriver jusqu’à l’estrade où se trouve le piano. Je n’ai plus de souffle. Je suis paralysée.
Je jette un coup d’oeil anxieux sur les 4 membres du jury. L’un a le nez rivé dans la partition, l’autre griffonne je ne sais trop quoi sur une feuille. Deux me regardent d’un air impatient.
 

Aucun sourire. Je sais qu’ils vont me juger. Je voudrais me cacher dans un petit trou de souris.

 

Je m’installe face au clavier, bien au milieu, face au mi, le dos droit, les pieds écartés, comme on me l’a enseigné. (Rigueur et discipline… peu de fantaisies sont permises dans cette école).
 
Je commence à jouer.
 

Mon coeur bat si vite que mes doigts accélèrent de façon totalement incontrôlée. J’essaye de ralentir. Mon tempo est à présent totalement irrégulier, tout comme la pression des notes.
Je réalise à quel point je joue mal et m’angoisse encore plus jusqu’au total trou noir.

Je m’arrête.

Je ne me rappelle plus la partition, je n’entends plus la mélodie dans ma tête. Seules mes oreilles bourdonnent avec ce bruit totalement assourdissant.
J‘essaye de recommencer, je m’arrête.

 

Je finis par sortir, totalement anéantie.
La musique c’est toute ma vie et je n’aurais pas droit à un nouvel échec, si je veux pouvoir continuer.
 
Dire que dans 2 jours, c’est l’examen de chant. Et là, il ne sera pas possible de chanter, si mon corps ne me répond même plus.

Pourtant je sais que je serai plus sereine. L’enjeu est moindre. Il n’y a pas de renvoi en classe de chant: moins de concurrence.
Décidément je ne suis pas faite pour la compétition. Et la pression ne me permet pas vraiment de donner le meilleur de moi-même.

 

 

Vous voulez savoir si j’ai été renvoyée finalement ?

J‘avoue qu’il s’en est fallu de peu, car après ce « redoublement », j’ai bien failli échouer au nouvel examen final, l’année suivante.

Après quelques péripéties (que je vous raconterais éventuellement à l’occasion), je suis finalement restée 10 longues années.
Et si nous étions 60 inscrits la première année, nous n’étions plus que deux élèves en fin de cycle.
 
Car si je voulais poursuivre, il m’a bien fallu, année après année, apprendre à gérer mon stress, la peur du public, et celle d’être jugée.
Et comme j’avais décidée très jeune d’être chanteuse, ou à défaut actrice ou professeur (et là aussi, il faut gérer un « public » ), j’avais réellement le sentiment de jouer mon destin à chaque fois. (Une pensée dont il a bien fallu aussi que je me détache pour réussir).

Apprendre à relativiser est entre autres une façon de se distancier de ses peurs. ;)

 

 

Et vous-même, vous arrive-t-il aussi parfois d’avoir le trac ? Êtes-vous amenés à être confronté à un public ?

Et avez-vous quelquefois le sentiment de vous laisser totalement envahir par le stress ?

 

Si c’est le cas, je peux vous livrer une astuce très simple qui m’a permis de surmonter bien des publics, et qui va vous aider vous aussi à vous calmer et à reprendre possession de votre corps et de vos esprits.

 

La voici:

Respirez !

(Et oui cela parait tout bête et pourtant, combien y pensent réellement en situation de stress ?).

C’est pourtant l’astuce la plus efficace et la plus utile qui soit.

 

 

Pourquoi ?

 

Parce que votre respiration, en plus de son aspect vital essentiel, est la base même de votre état émotionnel.

Elle régule votre système nerveux et votre circulation sanguine. Et influe ainsi sur votre état psychique, tout comme celui-ci agit sur votre respiration.
 
Apprendre à la contrôler, c’est donc reprendre la maîtrise de vos états internes.

 
 

Ainsi par votre respiration, vous pouvez ralentir vos battements cardiaques et vous sentir plus apaisés.
 
Par votre respiration, vous allez oxygéner votre cerveau et avoir les idées plus claires.
 
Par votre respiration, vous allez reprendre possession de votre corps.
 
Par votre respiration, enfin, vous allez vous recentrer sur vous même et vous distancier du monde et des regards extérieur.
 
 

Comment ?

 

En pratiquant une respiration lente, profonde et diaphragmatique.
 
Et comme un exemple vaut mieux qu’une longue explication, je vous montre tout cela en détail jeudi, dans la nouvelle vidéo technique.

(Sans oublier que votre respiration est le pilier fondamental de votre voix. ;) )

 

Alors, l’es pas belle la vie?

 

Et ce n’est pas tout :

Dans l’article de la semaine prochaine, je vous livrerai l’exercice qui m’a permit de surmonter mon trac : la technique du 4/4.

Cette technique de respiration m’a été enseignée par ma prof de chant, suite à mon échec cuisant lors de ce fameux examen de fin d’année.
 
 

Alors à très bientôt.

Et en attendant, je vous souhaite une excellente journée à tous.

À jeudi…

 

 

****

 

 

 

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26 Commentaires

  1. BK dit :

    Hello Claire,

    Cela fait bien longtemps que je n’ai pas eu à me retrouver face à un public, et je ne saurais dire si le trac compte parmi les problèmes que cette bestiole aurait encore à résoudre.

    La dernière fois que j’ai fait une conférence (ça remonte à 15 ans), j’ai plutôt été en proie au phénomène inverse : une absence totale de stimulation.

    Au début de la conférence, personne ne m’ayant rien demandé… je n’avais tout simplement rien à dire. Pas la moindre trace d’adrénaline. Ça a été minable… jusqu’à ce qu’on me pose des questions.

    Inversement, il m’est arrivé (et cela remonte à 30 ans) d’éprouver – je ne sais pas pourquoi – un trac monstre à l’occasion d’une participation à une émission de radio.

    Mais au lieu de me paralyser, ça m’a boosté à fond la caisse ! J’ai découvert à cette occasion que le trac, le stress et toutes ces sortes de choses, étaient de prodigieux stimulants.

    Bien sûr, je suppose qu’il ne faut pas que ça dépasse certaines doses.

    Mais je retiens surtout une chose : que tout ça n’est qu’une question d’imagination.

    Débordant d’imagination, dans ma jeunesse, je m’étais ému de penser à cette quantité énorme d’auditeurs que l’émission de radio allait toucher.

    L’image que j’avais de moi face à l’image d’une foule gigantesque. Glip !

    Puis, plus tard, à force de privilégier l’attention au présent, l’imagination perd tellement de son pouvoir délirant qu’il peut s’avérer quelquefois difficile de s’exprimer alors que personne ne vous a formellement rien demandé.

    L’absence d’imagination « délirante » nous projette alors aux antipodes du trac !

    Peut-être faudrait-il alors inverser l’astuce de la « respiration »… et donc arrêter de respirer ?

    Hmmm, je me suis laissé dire que c’était dangereux ça, non ?

    Excellente journée

    Bernard
    le dernier article de BK ..La Bible décodée par la KabbaleMy Profile

    1. Claire dit :

      Bonjour Bernard,
      voilà un commentaire très pertinent (comme d’habitude ;) ), et tu fais bien de le souligner, le trac peut être un sacré moteur. Et cela dépend évidement de chaque personne.

      Quant à l’imagination et son pouvoir délirant, c’est une bonne remarque.

      Le fait d’avoir le trac est aussi lié essentiellement à l’enjeu.
      Et « faire bonne figure » n’est pas nécéssairemnt un enjeu pour tous.
      Pour ma part, ces années d’examens publics ont été la seule véritable expérience de trac que j’ai connu, car il y avait pour moi un enjeu qui me semblait considérable.
      Et puis à force de passer des examens, on s’habitue.

      En ce qui concerne les conférences, le trac est aussi directement lié, à la maîtrise que l’on a de son sujet. Je n’ai par exemple moi non plus jamais vraiment eu le trac lors d’une conférence ou sur scène … Sarah Bernhardt disait que « ça vient avec le talent » … nous devons être mauvais alors ;) .

      Le fait de ne jamais avoir le trac peut aussi être à mon avis révélateur du fait que l’on ne se met jamais vraiment en danger.
      Dans ton cas, j’imagine plutôt à une forme de distanciation et de « non attente » face aux choses. Et pour vibrer à nouveau… non surtout, n’arrête pas de respirer ;)
      Prend plus de risques peut être…. le saut en parachute, ça te tente ? ;) (j’ai l’impression que Gregory est un spécialiste).

      Bonne journée Bernard

      1. BK dit :

        Il y a quelque chose que je ne comprends pas.

        Un parachute, c’est lourd (moi aussi, d’ailleurs).

        Avec un truc pareil dans le dos, on doit sauter beaucoup moins haut que sans parachute ? Non ?
        le dernier article de BK ..Le repentir de CaïnMy Profile

        1. Claire dit :

          :)

          Ah oui, si c’est plus lourd, tu sautes moins haut, mais tu tombes plus vite (si il reste fermé bien sur)…

          Euh c’t'une blague hein, n’essayes pas ! :(

        2. La détente mon cher Bernard, la détente !
          Tout se travail, avec ou sans parachute… :-)

  2. Coucou Claire,

    Tag mis à part, voici ton 1er article « full » écrit, et c’est très très cool ! J’étais vraiment avec toi assis sur ce piano.

    Ah le trac… effectivement je ne sais pas s’il existe des règles « rationnelles » pour savoir si on va l’avoir ou non.

    L’éprouver régulièrement, même pour des choses habituelles est parfois stimulant je trouve.
    Un peu comme si on remettait à chaque fois en jeu sa « prestation ».

    Mais c’est vrai qu’il y a cette frontière avec la perte de moyens à ne pas dépasser… celui-là de trac… bouhh, pas bon du tout et pas cool de vivre ce genre d’expérience !
    J’ai connu ça aussi plus jeune.

    Pour la prise de risque, oui, je vois bien notre ami Bernard faire un p’tit saut à 4000 :-)
    Mais ce trac là est « de survie » pourrait-on dire, donc justifié, contrairement à ceux qui nous font perdre nos moyens dans des situations plus « sécuritaires ».
    le dernier article de Grégory de Virtuose ..Voici 3 domaines dans lesquels exercer votre imagerie mentaleMy Profile

    1. Claire dit :

      Salut Grégory,

      Merci pour tes encouragements. oui jusqu’à présent je n’ai fait pratiquement que des articles avec vidéos pratiques.
      Là, je me dévoile un peu plus (je suis les conseils d’Yvon ;) ).

      Oui je pense que tout le monde a plus ou moins vécu cette forme de trac très intense dans l’enfance, mais certains n’ont pas réussi à vaincre cela à l’âge adulte. (Pour certains de mes élèves, je constate que c’est très handicapant).

      J’aime beaucoup ton expression « trac de survie », parce que finalement c’est à cela qu’il est lié. Et comme dit Bernard, notre imagination fonctionne beaucoup et certaines situations « sécuritaires » peuvent être associées, par notre cerveau, à un contexte de « survie ». (Même si le ridicule ne tue pas ;) et d’ailleurs cette expression est révélatrice).

      De nombreuses études ont été réalisées sur la peur, et la peur de parler en public vient dans les premières positions. Surprenant, non ? (Certains affirment qu’elle vient avant la peur de la mort. Je suis très sceptique face à de tels résultats et voudrais bien avoir sous la main, le détail de ces études qui à mon avis, ont du être largement simplifiées et caricaturées dans les multiples façons d’être rapportées).

      Il n’empêche que le trac et la peur du public sont une peur profonde, et que la solution que trouvent la plupart des gens consiste à rationaliser et faire fonctionner leur cerveau logique pour résoudre un problème qui prend racine ailleurs. Démontrer à une personne qui a la phobie des araignées que ce n’est pas la petite bête qui va manger la grosse, n’est pas vraiment efficace.

      Pour l’avoir expérimenté moi-même de longues années enfant, et avec certains de mes élèves aujourd’hui, je constate que le plus efficace est d’agir directement sur « l’émotionnel ». Le corps est pour cela un excellent médiateur, et la respiration un outil très puissant.

      Quant à la prise de risque… Oui un p’tit saut, Bernard…. ;)
      Alors toi, tu as déjà sauté en parachute ?
      Voilà un truc, qui pour le coup me filerait le trac.

      Bonne journée Grégory

      1. Coucou Claire,

        Oui, j’ai quelques sauts à mon actif (bien trop peu à mon goût !). Car j’ai malheureusement du stopper du fait de problèmes ORL (mes tympans, fragiles depuis ma naissance, n’ont pas apprécié..).
        En cherchant bien je devrais pouvoir retrouver 1 petite vidéo à l’occasion ;-)

        Du coup, ne pouvant plus sauter l’avion, j’ai trouvé un autre moyen de voler, tout aussi excitant, et avec les mêmes sensations.
        Lequel ?
        Je consacrerai la vidéo des virtuoses de dimanche à cette discipline… ;-)

        1. Claire dit :

          Oui… la vidéo !!!

          Je vais venir voir quelle est cette discipline dimanche alors .. :)

          Bonne soirée

  3. Yvon dit :

    Bonjour Claire

    C’était intense cette scène que tu as décrite. On s’y serait cru, en effet.

    Mais alors tu es une chanteuse, pianiste et quoi d’autre encore ? Peut-on t’écouter (ou te voir) chanter quelque part sur la toile ?

    Ce serait sympa, ça :)
    T’as pas fait un disque non ? On l’achète où ?

    Concernant le trac, hé oui il est toujours un peu présent, mais avec le temps, il disparait dès les premières paroles.

    Mais j’imagine que celui qu’on ressent quand on joue d’un instrument doit être différent car il doit y avoir la peur de se planter.

    Avec un texte, si tu maitrises ton sujet, normalement, il n’y a pas de souci de trac.

    Quand on chante, avec la musique et les projecteurs, on ne voit pas la foule, alors c’est tranquille (enfin si je me base sur ma propre expérience)

    RDV jeudi alors.

    Très bonne journée à toi.

    Yvon

    PS : Alors tu chantes quand et où ?? :)
    le dernier article de Yvon ..Le copywriting peut-il vous aider à dire NON ?My Profile

    1. Claire dit :

      Bonjour Yvon,

      Merci.
      Et oui je chante aussi, ce qui est un peu logique lorsqu’on enseigne la voix, non ? ;)
      En plus du chant, j’ai étudié le piano, juste pour pouvoir m’accompagner. J’aime la guitare aussi, mais ça me faisait mal aux doigts. (oh pauv’ choupette).
      Il y a longtemps que j’ai arrêté ce métier en tant que professionnelle, je m’intéresse aujourd’hui beaucoup plus à la voix parlée et à la communication, même si je continue d’enseigner le chant. (et de chanter aussi accessoirement ;) ). Je mettrai peut-être quelques liens de temps en temps.

      C’est vrai que sur scène, on ne voit pas trop le public, donc c’est assez confortable et puis on est pas seul et on maîtrise les morceaux en général.
      Cela peut être plus angoissant si l’on est plus directement confronté au public, et que l’on doit improviser. Mais là encore ça se travaille et ce qui se fait en musique (apprendre par coeur) ne doit surtout pas se faire lors d’une conférence. Là il faut au contraire apprendre à développer sa créativité, son sens de la répartie et de « l’improvisation » pour « assurer » et être réellement dans un échange et non dans la « récitation ».

      Bonne journée Yvon

      Ps: si je repars en tournée, un de ces quatre (ce qui est encore possible), je te ferai signe. (Mais bon pas sûre de venir jusque dans le nord gris et froid). ;)

  4. Bonjour Claire,

    Ton storytelling est remarquable, tu m’as ému, j’ai eu mal avec cette petite fille qui ne surmontait pas sa peur.

    C’est vrai que la respiration contrôlée est efficace pour surmonter le trac et d’autres formes de peur aussi.

    Pour ma part, je ne pratique plus guère la prise de parole en public.

    Quand je m’y adonnais plus souvent, j’avais besoin de me mettre un peu de pression pour délivrer une prestation acceptable.

    Sans aucun trac, j’étais trop impersonnel pour passionner les foules.

    Cependant, la première fois, j’ai lutté pour surmonter un trac excessif.

    Je me suis aperçu, mais c’est très personnel, que mon trac venait d’un orgueil démesuré : hors de question de ne pas être parfait !

    En acceptant le risque de se planter et en relativisant les conséquences, le trac s’atténue.

    Après tout, je ne suis pas parfait, mais je tends vers cet état.

    En toute modestie.

    Bravo et à jeudi.

    Jean Paul
    le dernier article de Jean Paul vivre bien ..L’essentiel ou autre chose ?My Profile

    1. Claire dit :

      Bonsoir Jean Paul,

      Merci beaucoup. Oui je n’en ai pas gardé de très bons souvenirs. ;)

      Et c’est vrai, la pression peut aussi nous rendre plus vifs, plus présents, plus acérés.(Que ne fait pas l’adrénaline, entre autre) Et dans la mesure où elle n’est pas paralysante, elle peut nous rendre plus efficaces.

      Bonne remarque, l’orgueil peut aussi être à l’origine du trac.
      Mais je t’avoue que je suis un peu déçue… comment ça tu n’es pas parfait ????
      ;)

      Bonne soirée Jean Paul

  5. Marianne dit :

    Bonjour Claire,

    Pauvre petite demoiselle, quelle torture tout de même, surtout sans préparation…
    N’y a-t-il pas d’autre moyen d’évaluer la capacité d’un enfant que de le jeter à l’eau ainsi ? Pour qu’il en reste des traces si poignantes aujourd’hui qu’on puisse revivre ces instants avec toi comme si on y était…

    Le trac vient aussi de la position « seul face à tous » qui active notre cerveau reptilien : notre instinct nous prépare à fuir devant un groupe susceptible de représenter une menace, même imaginaire.

    Mais, comme dit plus haut, une fois géré, quel aiguillon pour donner le meilleur de soi-même !

    Bien à toi,

    Marianne
    le dernier article de Marianne ..Se concentrer avant une présentation en publicMy Profile

    1. Claire dit :

      Bonjour Marianne,

      Et bienvenue ici.
      Merci pour ton commentaire.

      Oui j’avoue que je n’ai pas gardé un très bon souvenir de ces examens.
      Il y a évidemment de nombreux autres moyens pour évaluer les capacités des enfants, mais le but, assez élitiste, je dois dire, du conservatoire est de former aussi de futurs concertistes, amenés à jouer face au public. (Donc les examens finaux sont publics).
      On commence très jeune, et si l’on « n’assure » pas, et bien de toute façon, on n’a qu’à faire autre chose, il n’y a de toutes manières pas de place pour tout le monde, ( en classe de piano en tout cas car beaucoup beaucoup de demandes)
      (Cela dépend peut-être aussi des conservatoires, mais moi, ça ne rigolait pas ;) ).
      Heureusement, i n’y a jamais eu cette pression là dans les cours de chant ou d’instruments à vent par exemple. (ça doit être la loi de l’offre et de la demande… )

      Du coup cette expérience me permet de mieux comprendre et de savoir comment aider, aujourd’hui, certains de mes élèves qui sont totalement tétanisés par le trac.

      Et tu as raison de souligner le rôle du cerveau reptilien dans cette « mécanique » du trac.
      C’est effectivement une situation qui réveille des peurs ancestrales. À ton exemple, j’ajouterai celle du rejet de son propre groupe notamment. L’humanité ne pouvant survivre qu’en tribu (ça a bien changé ;) ), ne pas être « accepté » par les autres était une condamnation à mort.

      Bonne soirée Marianne

      1. Marianne dit :

        Bonsoir Claire,

        la tribu n’a pas beaucoup changé :-)
        les blogs et leurs commentaires sont là pour la développer :-)

        bien à toi,

        Marianne
        le dernier article de Marianne ..Indépendance : clé pour doper la réussite de vos présentations en publicMy Profile

        1. Claire dit :

          Eh oui… c’est sûr. Sur le plan du besoin d’acceptation, entre autres, la tribu n’a pas beaucoup changé :) (hi hi) (et c’est d’ailleurs l’un des postulats de l’analyse transactionnelle), alors que notre capacité à survivre, elle, a changée du tout au tout.
          D’autant plus que, comme tu le soulignes, internet nous permet de construire et de choisir notre propre tribu. Et le monde est si vaste…
          Le rejet est donc aujourd’hui beaucoup plus relatif, tant sur sa forme que dans ses conséquences.
          Et pourtant, certains en ont une telle peur, et ont un tel besoin d’acceptation, qu’ils vont jusqu’à nier toute forme de désir personnel, pour faire ce que l’on attend d’eux.
          Oser être soi-même est une conquète.

          C’est un travail sur soi considérable que de parvenir à cette indépendance que nous tentons de conquérir chaque jour un peu plus, siècle après siècle.

          Mais bon, c’est un autre sujet… (Ah, je me disperse encore ;) )

          Bonne journée Marianne

  6. Noellitto dit :

    Bonjour Claire,

    Qui n’a pas connu le trac au moins une fois dans sa vie ?

    Pour ma part je n’en ai pas souffert dans mon enfance. Je met cela sur le dos de l’insouciance ;) Mon principe étant très simple, « ça passe ou ça casse et puis tant pis ! »

    J’avais pas, comme toi à l’époque, la pression de l’examen de passage, donc la vie était plus facile …

    Ça c’est corsé à l’adolescence. Le moment fatidique où l’on prend conscience du regard des autres sur soi. Et même si le ridicule ne tue pas, il fait mal !

    Ça fait une grande différence de se vautrer en publique, que tout seul dans sa chambre …

    J’ai pratiqué de nombreuses disciplines sportives avec à la clé des compétitions mais là où j’ai eu le plus le trac, c’était au concours hippique. Là où justement vaut mieux être zen car on est pas tout seul et le cheval ressent toutes les émotions de son cavalier … Ce qui risque d’être dangereux !

    Le truc, c’était que j’avais la fâcheuse manie d’imaginer le pire des scénarios où tout commençait avec la stupide phrase de présentation « Nancy montée par Pégase de joli cœur » …

    Mon arme de l’époque, pour me sortir de cette galère que j’avais créée de toute pièce et dans laquelle j’étais sûre de tomber, a été de me replonger dans mon enfance, une sorte de dédoublement avec comme leitmotiv le « ça passe ou ça casse » et de foncer en oubliant tout le reste … et ça ma toujours réussi ;) Mais c’est vrai aussi que je prenais une grande inspiration avant de me lancer …

    Pour moi le trac est lié à l’égo, si on réfléchi bien c’est toujours tourné vers soi !

    Mais les enjeux ne sont plus les mêmes quand on prend de l’age. Je pense à tous ceux qui doivent valider de nombreuses années de dur labeur par un examen publique où le moindre trac/perte de moyen peut, en quelques monstrueuses minutes, tout anéantir …

    Et pour le coup, là j’ai vraiment le trac … pour eux !

    Bonne journée

    Nancy

    1. Claire dit :

      Bonjour Nancy,

      Oui dans le cadre de l’équitation, effectivement, ne pas gérer son trac peut être dangereux. Il ya donc là aussi un enjeu conséquent.
      C’est pas mal, de te replonger dans un autre lieu, une autre époque, ou une autre situation car cela permet de te distancier des regards sur toi et de l’enjeu présent.
      Il y a une astuce, qui vient de la PNL (ou plutôt exploitée par la PNL) qui consiste à « faire comme si », tu fais comme si tu étais encore l’enfant insouciante, tu fais comme si tu avais de l’assurance, tu fais comme si tu étais en confiance.
      I. Filiozat, rapportait, qu’on ne peut se sentir anxieuse et renfermée dans une position physique d’ouverture et de détente, car notre attitude coorporelle et notre physiologie interne interagissent sur nos émotions.
      Et bien en adoptant une position corporelle et physiologique d’assurance, tu finis par te sentir toi-même pleine d’assurance.

      C’est une excellente technique que tu abordes d’instinct (cela me rappelle ce que tu disais sur ta façon « instinctive » d’aborder l’éthologie ).

      Et si ça marche et bien continue.
      Il faut toujours faire ce qui marche ;)

      Bonne journée Nancy.
      Et merci pour ce commentaire très etoffé.

  7. Cindy dit :

    Bonjour Claire,

    Ton histoire est effectivement très bien décrite. On s’y croit totalement.

    Pour le trac, je l’éprouve assez souvent comme je prends régulièrement la parole en public. Aujourd’hui, il s’agit d’un trac qui dure à peine quelques secondes. Dès que je me mets à parler c’est terminé ;-)

    Il y a pour moi une différence entre un léger trac qui peut être boostant et le véritable stress qui peut devenir totalement paralysant et faire perdre ses moyens.

    La respiration est un excellent exercice. Je la conseille également ;-)

    Excellent dimanche.
    le dernier article de Cindy ..Comment éviter la panique et la feuille blanche le jour de l’examen ?My Profile

    1. Claire dit :

      Bonjour Cindy,

      Et merci :)

      Le trac que tu décris est très sain, et il est aussi le signe de ta conscience professionnelle et de ton désir de bien faire.
      Il te booste et c’est super.
      Moi c’est presque affreux de ne plus le ressentir aujourd’hui, car j’ai tellement l’habitude maintenant de faire ce que je fais face à des élèves ou un public… Je pense qu’il faut que je m’engage dans de nouveaux projets, qui me mettent un peu plus en danger pour avoir à nouveau le coeur qui bat… ;)

      Quant à la respiration, c’est vrai que dans ton domaine, elle doit tenir une place essentielle. :)

      Bonne soirée Cindy

  8. [...] CLÉS DU SUCCÈS DE VOTRE VOIX < Previous Next [...]

  9. lolindir dit :

    je ne trouve pas votre adresse mail contact pour échanger donner des idées

    a vous lire

    Lolindir

    1. Claire dit :

      Bonjour lolindir,

      Bienvenue ici.
      Oui effectivement, je ne l’ai pas faite figurer et le lien ne fonctionne pas (je vais aller la rajouter).
      La voici: univoix@gmail.com

      Bonne journée

  10. laurie dit :

    moi aussi je suis confronté a cette peur mais je suis pas dans une école de chant mais (je suis en 4éme)et je vais devoir bientot chanter devant ma classe une chanson appris en cours de musique, je stress, je ressent l’envie de pleurer (mais devant ma classe!? la honte donc je me retient)quand le prof dit que je dois passer, j’hésite toujours a passer mais tout le monde crie: laurie, laurie! sa me géne mais j’y vais quand même car on est obligé de passer. besoin d’aide moi aussi, merci d’avance

    1. Claire dit :

      Bonjour Laurie,

      C’est effectivement très difficile de chanter devant ses camarades parce que la voix c’est quelque chose d’intime et on peut avoir l’impression de se mettre à nu. C’est d’autant plus difficile de le faire dans une situation d’évaluation, où j’imagine que le professeur juge ta performance.
      Si tu penses à cela lorsque tu passes (le regard des autres sur toi, l’évaluation du professeur) alors tu vas augmenter ton stress et ton angoisse.
      Comme penser à rien est pratiquement impossible, je t’invite à te concentrer non pas sur ce que peuvent penser les autres de toi ou ta performance, mais sur ta chanson et tes sensations. Juste avant ton passage, cherche à ralentir ta respiration (pour ralentir ton coeur), tu peux compter les temps d’inspiration et d’expiration pour occuper ton esprit par exemple. Pendant ton passage, concentre-toi sur le texte, ton interprétation, les différentes nuances de la musique, etc…
      Et d’ici là, si tu penses à cette futur épreuve et t’angoisse alors dis-toi instantanément « je m’inquiéterai plus tard » et focalise-toi uniquement sur ton travail de la chanson ou passe à autre chose.
      Tu verras ensuite qu’une fois dans le feu de l’action le trac passe au fur et à mesure de l’épreuve. C’est le moment « juste avant » qui est source d’angoisse. Donc désamorce à chaque fois ton stress à ce moment-là en n’y pensant pas, tout simplement, en te disant « j’y penserai plus tard ».
      Courage Laurie

      Ps: Ton professeur vous fait-il passer seul, ou comme il est conseillé, par groupe de 2 ou 3 ?